18 avril 2006
L'amour vainqueur
J'avais rencontré Gregorio sur les rives du Tibre où il se prostituait. Il avait été surpris par une patrouille alors qu'il se baignait nu, ce qui était interdit. Il risquait la prison. Je l'installais dans une pièce qui me servait à stocker mes accessoires de décors pour mes tableaux. Mario était parti.
Grégorio restait parfois des jours enfermé dans sa chambre, refusant même que je le vois. Parfois, il venait, la nuit, se glisser dans mon lit et nous faisions l'amour. Il menait un jeu pervers dont lui seul fixait les règles.
Un jour, je l'entendis déverouiller sa porte. Je l'ouvris et découvris un spectacle hallucinant. Il avait répendu tous mes accessoires sur le sol et se tenait debout, nu, sur le lit, tenant deux flèches dans la main. Je lui ai dit: "Surtout, ne bouge pas!". J'ai pris mes pinceaux, mes couleurs, et j'ai peint L'amour vainqueur.
J'ai bien entendu les portes qui s'ouvraient, se refermaient, claquaient. Mais j'étais trop pris par mon travail pour y prêter attention. Ce n'est qu'après que j'ai découvert, dans la cuisine, posé sur la table, le mot écrit par Mario. Il m'annonçait qu'il retournait en Sicile, que je courais à ma perte, qu'il ne voulait pas être le témoin de ma déchéance.
Mario m'avait enfermé dans un doux confort, dans une routine. Avec Gregorio, je retrouvais l'aventure et l'inspiration. Je l'ai peint aussi en Saint Jean Baptiste.
Commentaires
la chance
je fut beau mais depuis mon avc en 2002 je ne suis
plus rien...................
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