24 avril 2006
La Madone des pélerins
Un éleveur de porcs de Bologne me commanda une représentationn de la Vierge Marie. Il voulait que soient présents sur le tableau des paysans qui ressemblent à des paysans. Mal habillés et les pieds sales. Il avait remarqué mon habileté à peindre les ongles noirs dans mon Saint Matthieu et l'ange.
Ne voulant pas subir un nouvel échec, j'étais bien décidé à lui donner entière satisfaction.
Pour la Vierge, je voulais prendre à nouveau Lena, mais elle refusa et me présenta à l'une de ses amies d'enfance, restée dans le droit chemin, Gabriella, dont la soeur pourrait nous prêter son bébé.
Les séances se passèrent chez elle. Elle ne pouvait venir chez moi, craignant les foudres d'un clerc de notaire qui voulait sa main et la harcelait, un certain Mariano.
Le tableau fut dévoilé devant un parterre d'ouvriers, d'artisans et de petits bourgeois du quartier. Seul représentant du beau monde religieux: Scipione Borghese qui était venu incognito, et qui me pria de garder le secret.
Le petit peuple fut ravi. Il se reconnaissait dans les deux pélerins. Le reste du monde me reprocha de ne pas avoir mieux arrangé cet homme et cette femme. Mon objectif était toutefois atteint: le commanditaire avait exactement ce qu'il voulait.
Un soir que je sortais de chez Gabriella, je tombais nez à nez avec Mariano qui me chercha querelle. Je sortis mon épée et le laissa pour mort sur le pavé. Je pris la fuite et me réfugia à Gênes, dans le palais des Colonna, puissante famille Italienne dont l'un des membres était Marquis de Caravaggio, et chez qui mon père travaillait. Cette famille m'a toujours protégé. Une famille qui comptait des princes et même un Pape.
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